RETOUR SUR LA SOIREE AVEC ELOÏSE BOUTON

21.5.2015

Tous les deux mois, Marcopolette organise des soirées d’inspiration ouvertes à tous autour du parcours d’une femme d’exception, sous la verrière de la Pépinière 27.

Mardi 19 Mai, c’est Eloïse Bouton, Ex-Femen auteure de « Confession d’une Ex-Femen » qui est venue répondre à nos questions et réfléchir avec nous sur la question « Jusqu’où peut-on aller pour défendre une cause ? ». Un thème qui interroge les limites physiques, morales, et privées de l’engagement.

Femme engagée, Eloïse Bouton a enduré de nombreuses épreuves tout au long de son parcours militant, en se battant pour la cause féministe. Son engagement l’amène en mai 2012 à rejoindre l’association activiste Femen. Après moins de deux ans passés à leurs cotés, elle s’en désolidarise en février 2014, et décide de militer en « free-lance ».

Auprès de Femen, la limite physique à dépasser personnellement tient dans la nudité des corps des militantes, dont les actions se voulaient toujours non violentes. La limite morale, plus relative, dépend pour Eloïse d’une question de point de vue. Aussi, lorsqu’on l’interroge sur la dimension choquante de certaines actions, notamment contre les institutions religieuses, elle répond : « Bien sur que ces actions peuvent être perçues comme choquantes. Mais en tant que féministe et athée, moi aussi je suis choquée, chaque jour, par la société patriarcale dans laquelle nous vivons. Je réagis à ça en m’exprimant. »

Finalement revenue de son expérience au sein de Femen, elle aura retenu que la limite de l’engagement se trouve finalement dans l’impact de celui-ci au sein de la vie privée : « Il ne faut pas que votre engagement devienne un sacrifice : il ne doit pas vous empêcher de vivre ».

En quittant Femen, elle regrette le manque de remise en question du groupe, notamment dans l’absence de communication entre les membres : pour Eloïse, ce qui construit et fait avancer une cause, c’est aussi de s’interroger sur ses propres erreurs.

Aujourd’hui détachée du mouvement Femen, elle n’a en rien abandonné la cause féministe et continue de se battre en s’associant à d’autres organisations telles que La Barbe ou Osons le Féminisme. Grandie de ses expériences, elle reste convaincue que c’est l’association qui fait la force.

Passionnée, engagée, mais toujours ouverte au débat et à l’écoute des questions, la désormais « féministe en freelance » s’est ensuite mêlée aux invités pour un cocktail dinatoire convivial. Une soirée qui s’est conclue sous le signe de l’ouverture d’esprit et de la solidarité.

Les photos de la soirée sont accessibles à ce lien.